27 octobre 2009

Lettre à Florent

Force est d'avouer que, à bien des égards, ton départ maintenant est moins terrible que plus tard. Qu'après le nous concret. Il n'y a pas de souvenirs précis associés à nous - sinon, peut-être, ces 1001 sujets abordés. Il n'y a pas de moments à déifier, d'événements à ressasser, de premières fois à regretter...

Moins terrible et moins épuisant, probablement.

Les deux prochains mois ne seront pas emplis de vains efforts pour tenter de combattre seule ce qui t'appartient. Tu ne contempleras pas les effets de tes sentiments qui s'étiolent à une vitesse exponentielle, douloureuse et complètement opposée à la force employée pour les retenir. "Nous" est vide, mais il l'est sans que chacun ait perdu son âme. Peut-être pourrons-nous ainsi mieux nous imprégner d'ailleurs.

Mais malgré tout... Malgré toutes ces pensées logiques, ces moments non réalisés me taraudent.

Oui, il me manque, ce premier sourire à l'aéroport. Oui, l'absence de ton rire résonne aussi sûrement à mes oreilles que ton silence, la nuit. Tout ça me manque aussi dans la durée. La douleur fantôme de te tenir là, au creux de mes bras, pendant nos soirées lecture-discussion, celle de sentir sur ma peau les massages promis mais jamais réclamés, de te voir t'épanouir et d'y participer...

Tout ça annihile la logique. La nuit, du moins, loin des passe-temps du quotidien.

Le plein-éveil trahit les hommes alors même qu'ils aspirent au néant du sommeil. Ce plein-éveil-là est terrifiant.

Surtout depuis que tu n'y es plus.

Posté par Marie Ame à 20:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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