22 novembre 2005

Les plumes blanches


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Tout l'monde est passé pour passer
Tout l'monde a brûlé une parole
Tout l'monde a pleuré pour pleurer
Au Colombarium

Pierre Lapointe - Le Colombarium

Je serais en nuisette, il serait endormi. Dans une nuit de novembre. Sa main sur la mienne, un brin captive, un brin consentante.


Dehors, le sol se couvre de plumes blanches.


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Dans le froid précoce, on entend les arbres qui craquent et le vent qui se déchaîne. Ce calme tendu des moments de furie m'envahit et me laisse pantelante, en attente. Tremblante. Comme si la vie pouvait m'apporter une réponse, comme si la nuit avait une voix pour me dire - m'assener - que le bonheur s'explique. Que je ne peux pas comprendre. C'est tout.

Comme si j'avais besoin

qu'on me le dise.

Les minutes se posent au rythme des flocons et de son souffle sur ma nuque.

La nuit a essuyé le soleil.

Les fenêtres aveugles renvoient des ombres étrangères, créatures mouvantes qui oublient leur création. Toute l'impuissance du monde dans cette valse vaine, stérile. Tous les bonheurs du monde dans les promesses jamais tenues. Toute la lumière du monde dans ce souffle sur ma nuque. Le matin se lèvera bientôt.

La nuit a effacé le sommeil.

Des larmes froides dégoulinent sur le parcours translucide du verre. À l'extérieur. Des lames d'effroi soulèvent des images aveugles. Irréelles. Improbables. Redoutés.


L'impuissance.


Éclaboussée de lune,

je voudrais dessiner le soleil.




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Posté par Marie Ame à 22:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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