~ Quand la Tempête t'emporte, épouse le Chaos ~

29 octobre 2009

Tableau de chasse

Elle l'observe, à travers le mouvement et le bruit, ancre son regard à lui chaque fois que l'amas de corps disparaît. Chaque fois, elle le perd de vue une fraction de seconde et, chaque fois, elle panique.

Se noie.

D'abord la lumière l'a attirée. L'intérêt graphique des stroboscopes. Puis elle a vu la foule, massée près des portes. Elle a su qu'elle avait déniché le parfait terrain de chasse, pour ce soir. Appareil en main, elle est entrée, sans hésiter.

Hésiter, c'est mourir un peu.

Ses mains réagissent plus vite que ses yeux. Virevoltent, règlent l'ouverture et la vitesse. Elle prend le pouls, attend la bonne pulsation. Pointe, vise. Et shoot. Elle les épingle. Nul doute. Ses premiers essais lui plaisent.

Plaire, c'est mourir un peu.

Sa dernière proie : une mante religieuse aux cheveux rose. Après... Tout juste après (elle le jure, l'image de sa victime encore imprimée sur sa rétine le prouve), il traverse le cadre. Le souffle court, elle éloigne son œil du viseur. Son œil, qui ne peut supporter que du verre le sépare de cette vision, il veut se rapprocher de ces yeux verts entr'aperçus, se rapprocher de ces lèvres pleines, de ce front haut, se rapprocher de cette peau blanche, électrique.

Se rapprocher, c'est mourir un peu.

Il l'observe, à travers le mouvement et le bruit de l'eau. Ses tympans encore alourdis de décibels n'entendent pas les cris étouffés. Aucun sourire sur ces lèvres pleines, alors qu'il regarde les bras qui se tendent, impuissants, sous la lueur de la lune. Douce lumière. Elle flatte tout particulière ces bras qui la maintiennent sous l'eau. Ses bras à elle, ses bras à lui.

Appartenir, c'est mourir un peu.

Portishead ~ Theme from to kill a dead man

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27 octobre 2009

Lettre à Florent

Force est d'avouer que, à bien des égards, ton départ maintenant est moins terrible que plus tard. Qu'après le nous concret. Il n'y a pas de souvenirs précis associés à nous - sinon, peut-être, ces 1001 sujets abordés. Il n'y a pas de moments à déifier, d'événements à ressasser, de premières fois à regretter...

Moins terrible et moins épuisant, probablement.

Les deux prochains mois ne seront pas emplis de vains efforts pour tenter de combattre seule ce qui t'appartient. Tu ne contempleras pas les effets de tes sentiments qui s'étiolent à une vitesse exponentielle, douloureuse et complètement opposée à la force employée pour les retenir. "Nous" est vide, mais il l'est sans que chacun ait perdu son âme. Peut-être pourrons-nous ainsi mieux nous imprégner d'ailleurs.

Mais malgré tout... Malgré toutes ces pensées logiques, ces moments non réalisés me taraudent.

Oui, il me manque, ce premier sourire à l'aéroport. Oui, l'absence de ton rire résonne aussi sûrement à mes oreilles que ton silence, la nuit. Tout ça me manque aussi dans la durée. La douleur fantôme de te tenir là, au creux de mes bras, pendant nos soirées lecture-discussion, celle de sentir sur ma peau les massages promis mais jamais réclamés, de te voir t'épanouir et d'y participer...

Tout ça annihile la logique. La nuit, du moins, loin des passe-temps du quotidien.

Le plein-éveil trahit les hommes alors même qu'ils aspirent au néant du sommeil. Ce plein-éveil-là est terrifiant.

Surtout depuis que tu n'y es plus.

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Come back

Des envies de mots et d'images, des envies d'un silence complet. Des envies d'évasion.

Utiliser les muscles de mon corps jusqu'à les user, jusqu'à les ressentir tous. Ne penser à rien d'autre qu'à la tension du corps.

Essayer de renaître, tant bien que mal.

Essayer, au moins.

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09 mars 2006

"Just a white disorder"

Anyway I can try anything
It's the same circle leading to nowhere
And I'm tired now

[...]

Monochrome floors, monochrome walls
Only a
bsence near me
Nothing but silence
Around me

Yann Tiersen - Monochrome


Les doigts noircis d'avoir établi la valeur des choses, je rentre chez moi.

Ce n'était pas une bonne journée. Ni une mauvaise d'ailleurs. Seulement une journée de plus.

La pluie sur les routes donnent un éclat argenté et froid au chemin du retour et le ciel est gris. Rejoindre l'appartement déserté de toute présence humaine, être accueillie par des miaulements inquisiteurs avoir même d'avoir franchi le pas de la porte. Trace de chaleur animale après l'hiver dehors. Cet hiver qui n'en est pas, celui où le refuge sous les couches de neige douce est impossible, celui où la bruine transperce plus surement que tous les sentiments réunis. Gelés. Catharsis échouée, croulant sous les rêves d'Irréalisable qui s'aglutinent. Devant le pas de ma porte.

La clé tourne, soupir. Pousser la porte, repousser l'attaque féline et l'envie de s'enfuir du même coup. Refermer derrière soi. Et verrouiller. Au cas où.

Accepter l'absurde.
Et l'abandon des désirs.


Demain, tout recommence.

oeil

*L'album "Black Session" de Yann Tiersen est un baume..

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06 février 2006

Voyage, répit

Nouvelles images.

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17 janvier 2006

Et ce long frisson qui n'en finit pas.

J'aimerais écrire des mots d'amour
  Parce que parler, c'est pas mon fort.
  J'aimerais écrire des mots d'amour,
  Les faire jaillir de mes trois accords, mais
  J'ai un peu froid, comme a dit l'autre,
  Et ce long frisson qui n'en finit pas.
  J'ai un peu froid, mauvais apôtre,
  Mon cafard me lâche moins souvent qu'autrefois.

J’aimerais écrire des mots d’amour
  Parce que le reste, c’est pas grand-chose...

Debout sur le Zinc - Les Mots d'Amour

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Un merci spécial pour m'avoir donné envie de lover mes oreilles dans cette musique trop longtemps négligée.. Et bonjour aussi.


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29 novembre 2005

And it's not a cry that you hear at night..

Baby, I've been here before
I've seen this room, and I've walked this floor,
You know, I used to live alone before I knew you
And I've seen your flag on the marble arch
And love is not a victory march
It's a cold and it's a broken Hallelujah.

Jeff Buckley - Hallelujah

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À en pleurer.. Parfois.
 

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22 novembre 2005

Les plumes blanches


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Tout l'monde est passé pour passer
Tout l'monde a brûlé une parole
Tout l'monde a pleuré pour pleurer
Au Colombarium

Pierre Lapointe - Le Colombarium

Je serais en nuisette, il serait endormi. Dans une nuit de novembre. Sa main sur la mienne, un brin captive, un brin consentante.


Dehors, le sol se couvre de plumes blanches.


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Dans le froid précoce, on entend les arbres qui craquent et le vent qui se déchaîne. Ce calme tendu des moments de furie m'envahit et me laisse pantelante, en attente. Tremblante. Comme si la vie pouvait m'apporter une réponse, comme si la nuit avait une voix pour me dire - m'assener - que le bonheur s'explique. Que je ne peux pas comprendre. C'est tout.

Comme si j'avais besoin

qu'on me le dise.

Les minutes se posent au rythme des flocons et de son souffle sur ma nuque.

La nuit a essuyé le soleil.

Les fenêtres aveugles renvoient des ombres étrangères, créatures mouvantes qui oublient leur création. Toute l'impuissance du monde dans cette valse vaine, stérile. Tous les bonheurs du monde dans les promesses jamais tenues. Toute la lumière du monde dans ce souffle sur ma nuque. Le matin se lèvera bientôt.

La nuit a effacé le sommeil.

Des larmes froides dégoulinent sur le parcours translucide du verre. À l'extérieur. Des lames d'effroi soulèvent des images aveugles. Irréelles. Improbables. Redoutés.


L'impuissance.


Éclaboussée de lune,

je voudrais dessiner le soleil.




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Je t'aime

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13 octobre 2005

Ourobouros

Ce sont nos racines qui s'amoindrissent, nos liens qui rappetissent et notre propre existence remise en cause.

C'est une part de nous qui souffle. Qui ne souffre plus. Qui nous heurte par son absence.

C'est l'implacable volonté du Temps qui se gruge la queue, précipitant Hier dans l'armée des souvenir.

C'est les odeurs que l'on revoit, les mots que l'on ressent. Les sourires qu'on reçoit une fois de plus. Les fragments d'image qu'on hume, figés, dans l'attente des disparus, dans l'absence des comédiens.

Ce sont les dons qu'ils nous ont fait et les plaisirs partagés. Ce sont des au revoir

Ce sont nos vie. La leur.


Ét(r)einte.


Les grands-parents, ca tombe comme des mouches..


ourobouros

Crédits Photo


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Anti bébé ?

Lu au dos d'une bouteille de Body Mist par Crabtree & Evelyn

"Notre voile hydratant enveloppe le corps d'une délicate et rafraîchissante fragrance. Les extraits de fleurs de tilleul, de mauve et de miel nourrissent, hydratent et adoucissent les couches supérieures de l'épiderme."

Jusque là, tout va bien. C'est joli et même la description sent bon. Sauf que..

"Attention : Inflammable jusqu'à ce que la peau soit sèche. Tenir éloigné de toute source de chaleur ou d'une flamme"

Ca y est ! J'ai résolu l'énigme des combustions spontanées.. Mulder n'a qu'à bien se tenir !

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Posté par Marie Ame à 21:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]